Les enfants, c’est formidable !

Mon fils a six ans. C’est un cap, je trouve, j’ai du mal à m’y faire. Comme il est du début de l’année, il est l’un des plus vieux de sa classe, et encore en maternelle pour… un touuuuuut petit mois. Ensuite… Ben c’est le CP. Enfin… Le CP…

Il sait lire. Il sait écrire. En lettres capitales, et en attaché. Majuscules comprises. Il sait compter. Additionner. Soustraire. Il a compris le principe des multiplications et est capable de calculer rapidement les tables de 2 et 3. Voire 4 quand il prend le temps de réfléchir. Il me bat aux dominos, il élabore des stratégies. Il parle « comme une encyclopédie » –entre guillemets, parce que ce n’est pas moi qui le dit… Mais environ toutes les personnes avec qui il discute.-, il est curieux de tout, il a trente idées à la minute… Par exemple, il a dessiné –oui, parce qu’il dessine relativement super bien. Et je ne dis pas ça UNIQUEMENT parce que je suis grave love-fière de mon fils.– une machine capable de résoudre le problème de la faim dans le monde. Oui. A six ans. Ah oui ! Et puis il a dessiné les plans d’une machine qui fabrique et distribue de l’eau aux populations qui en manquent, parce que « Maman, c’est important de boire, on peut mourir de soif, tu sais, et il y a des gens dans certains pays qui n’ont pas assez d’eau. »

Il a toujours été comme ça. Il apprend les choses tout seul. A faire des nœuds de toutes sortes, comme à lire. Dès tout petit, il évoluait très vite, sans qu’on le pousse. Son premier mot fut « chat ». Il est totalement in love avec Gérard. Gérard qui a la réputation d’être une affreuse minette dévoreuse de tout ce qui bouge, et qui pourtant, se laisse tirer les oreilles et coiffer les moustaches sans sourciller depuis plus de six ans maintenant. Et puis, son vocabulaire s’est étoffé à vitesse grand V, il utilise à bon escient des mots compliqués pour son âge, il a des raisonnements qui étonnent par leur subtilité et leur maturité. Et tout ça, tout le monde le remarque depuis longtemps. Tout le monde ? Pas vraiment…

Son père, dont je suis séparée depuis cinq ans, n’arrive pas à ouvrir les yeux sur la différence de son enfant. Il ne voit pas son hypersensibilité. Il refuse l’idée même d’un glissement en classe supérieure l’année prochaine. Il reste sourd aux appels du pied des instits –qu’il ne va même pas voir lui-même en direct, il attend mes comptes-rendus auxquels il n’accorde qu’un semblant de crédit-, aux articles / vidéos / témoignages de proches ou moins proches. Pour lui, les choses rentreront dans l’ordre naturellement. Point. Pas de conversation. Le sujet est clos.

J’ai rencontré seule le directeur de l’école dans laquelle notre fils va aller l’an prochain –pourquoi prendre une heure de son temps pour discuter scolarité avec celui qui va la suivre au plus près les cinq prochaines années, voyons ?-, il a confirmé qu’à un niveau tel que je le décris, un enfant glisse rapidement en classe supérieure. –Bien entendu, nous attendons la rentrée et l’avis de son institutrice pour agir !– J’ai rencontré, seule à nouveau –pourquoi prendre une heure de son temps pour discuter scolarité avec celle qui l’a suivie depuis sept mois, voyons ?-, elle a confirmé que le niveau de mon fils était élevé, et qu’il fallait lui faire passer un bilan rapidement à la rentrée prochaine.

J’en ai plus qu’assez de composer avec ce père absent, qui fait la sourde oreille aux besoins émotionnels et affectifs de son fils, et dès la rentrée, je prendrai rendez-vous avec la psy scolaire et tout le pataquès. Je choperai le taureau par les cornes. Point. Plus de conversation. Le sujet ne sera pas clos, mais c’est moi qui le traiterai.

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Mon mec à moi…

Il m’arrive parfois de regretter ma vie de célibataire. En fait, ça m’arrive de plus en plus souvent.

Quand je vivais seule avec Ginette, –c’est mon môme– je pouvais bosser la nuit si je voulais, jusqu’à trois heures du mat’ sans problème ! Il fallait juste que j’arrive à me lever à sept heures pour le préparer et l’emmener à l’école, je me tapais une sieste de 14 à 15 et hop ! C’était good, ça roulait ! Je pouvais inviter des copines à picoler –avec modération ! Sauf quand Ginette était chez son père… Là, c’était une autre histoire…– , ou mon pote masseur à une séance qui dérapait, je pouvais disparaître trois jours sans rendre de compte à personne, regarder les pires conneries à la télé, sauter autant de repas que je voulais, et me venger sur une tablette de chocolat le lendemain ! Gérard dormait avec moi, et ça ne posait aucun soucis à personne !

Maintenant, on va se coucher en même temps. On a chacun notre côté du lit. On choisit les films qu’on regarde ensemble, il faut parfois faire des concessions. On passe une heure au téléphone à rien se dire quand je pars plus de 24 heures de la maison. Les vacances, c’est dans sa famille qui habite loin, il faut voir touuuuuut le monde en sept jours top chrono, tu lézarderas tranquille une autre fois. Il faut tout le temps parler ou expliquer pourquoi on ne veut pas parler. –Ben oui, c’est qu’il y a forcément un truc qui ne va pas !– Les copines, je ne les vois quasiment plus : il faut sortir dans les bars maintenant, et ça coûte cher à force. Et puis, dans les bars, on fait des rencontres, on joue, et il faut faire gaffe à ne pas déraper. Bref, t’es pas tranquille.

Je fais partie de ces gens incapables d’être en couple. Mon mec ? Il est cool. Drôle. Sympa. Un peu gnian-gnian et susceptible, personne n’est parfait. On s’entend bien, on a plein de points communs, Ginette l’adore. Et pourtant… Je ne supporte pas qu’il soit là tout le temps. Qu’il sache tout de ma vie. Il a un côté protecteur qui tourne au paternalisme parfois. Je suis super indépendante –c’est comme indépendante, mais avec une cape. Oui, je sais, c’est une blague réchauffée.- et avoir quelqu’un sur mon dos en permanence, ça me fait fuir.

J’ai envie d’aller voir ailleurs. Ça y est. La bombe est lâchée. Je n’ai plus aucune vie sexuelle avec lui depuis des lustres, et très honnêtement, je m’en cogne. Je n’en ressens pas l’envie. Par contre, j’ai envie de m’éclater. Sentir que je plais. Juste pour un soir, pour quelques jours si c’est fun… En fait, c’est ça. Il ne me faut pas un mec. Mais un PQR. Un pote sympa, drôle, beau comme un dieu, mais qui ne s’attache pas. Qui ne s’immisce pas dans ma vie et qui sache vivre la sienne sans moi.

Du coup, je suis paumée. Que les choses soient bien claires… Je n’ai aucunement l’intention de le tromper. Mais de son côté, mon mec a déjà ses plans dans la tête : achat d’une maison, mariage, enfant(s)… Je n’ai pas plus envie que ça d’être propriétaire, je ne suis pas pour le mariage, et je ne veux pas de second enfant. Alors je fais quoi moi, hein ?!

 

Bonne fête maman ?

Aujourd’hui, c’était la fête des mères. Vous savez, ce jour merveilleux où les mamans sont mises à l’honneur ! On leur offre des fleurs, des colliers de pâtes, on leur permet de prendre un bain avec plein de mousse, pendant qu’on occupe le petit dernier à grands coups de dessins animés pour pas qu’il vienne faire chier troubler l’instant précieux. C’est formidable !

Moi, aujourd’hui, j’ai fait du ménage. Rangement de la cuisine, du salon –avec réaménagement de rigueur pour caser ces put** de jardinières que ma conn** de voisine exige que je retire, je vous raconterai, vous verrez, c’est drôle.– , aspirateur, serpillère dans tout l’appart’, litières des chats –Ouaip, Gérard a un pote, je vous le présenterai aussi à l’occas’.-, mitonage de petits plats pour tout le monde, confection de sandwichs pour demain, nettoyage de poubelles, lessive… En fond sonore, j’avais… Rien en fait. Parce que j’ai mis mon môme et mon mec dehors. Le premier scotchait sur son téléphone. Ça m’agaçait. Le second s’énervait tout seul à cause du temps pourri et du manque d’attention. Je leur ai filé un ballon, et zou  ! J’veux plus vous voir ! J’ai été tranquille pour astiquer pendant une grosse heure environ. Le pied.

Ils m’ont dégueulassé l’entrée en rentrant.

Alors ce soir, j’ai craqué. Marre de tenir un blog tout mignon où on se croit au pays des Bisounours –quand même ta belle-famille a les yeux qui traînent dessus, tu dessines des arc-en-ciel partout-, marre de ne pas dire la vérité, marre de cacher ce qui se passe dans ma tête, dans mes tripes et dans mon lit. Ma chatte s’appelle Gérard est né. Et ça va chier.