Le point final

Ça y est, c’est le grand jour. J’ai pris ma décision, je le quitte. Ne reste plus qu’à lui annoncer, à se reconstruire et à repartir sur des bases plus saines.

J’attends ce soir de pouvoir l’appeler, puisqu’il est parti « à durée indéterminée » dans sa famille, avant même que nous ayons pu avoir LA conversation que je voulais avoir.

Je ne sais pas si il a fui. Si il sait ce qui l’attend (ce qui nous attend). Si il a lui-même voulu qu’on arrête notre histoire ici. Je ne sais pas, et j’avoue que je n’ai même plus l’envie de comprendre ce qui l’anime. Le pourquoi du comment. J’ai juste envie d’être tranquille. Libre. De me recentrer, sur moi, et sur mon fils.

J’espère que lui comprendra ça, et qu’il n’ira pas chercher plus loin. Je lui ai déjà tout dit. Il ne manque que le point final.

La madeleine

Je ne suis pas une fan des madeleines. Sauf des madeleines au chocolat, mais c’est surtout parce qu’il y a du chocolat. Bref. Je ne suis pas une fan des madeleines. Mais de leur odeur, si ! Pourquoi je me suis fait cette réflexion ? Parce que je suis constamment à deux doigts e chialer. Comme une madeleine, donc. Je regarde la victoire de Marie-Amélie Le Fur, je pleure. Une copine met un cœur sous un de mes statuts Facebook, je pleure. Je raconte à mes parents le pitch du film Le Petit Prince, je pleure. Je crois que je suis vraiment fatiguée…

Enfin ! Tout ça nous amène à… à ?? A Proust, voyons ! J’ai plein d’idées d’articles, mais pas envie de me fouler. Alors, je vais piocher chez un grand auteur, et le laisser me guider tranquilou…

  • Le principal trait de mon caractère ?

Je suis timide. Mais aussi très franche. Pas toujours facile à vivre. Mais rigolote. Je suis indécise aussi. C’est pour ça que j’ai cité pas moins de cinq traits de caractère.

  • La qualité que je préfère chez un homme ?

L’indépendance. Qu’il tienne à la sienne et respecte la mienne. En gros, chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. –Ah oui, je dois être un poil insociable aussi ! Ça fait six traits de caractères, donc.

  • La qualité que je préfère chez une femme ?

Le grain de folie. –J’aime bien les grains de beauté aussi, mais bon.– Les discussions sérieuses, j’adore. Mais j’aime aussi savoir que je peux me lâcher, et plaisanter de tout et de rien, rire comme des gamines et faire les andouilles. Avec me meilleure pote, on a passé une après-midi à jouer à cache-cache et à faire des glissages en maillot de bain sur une bâche mouillée et savonnée, par exemple… –Jeune dans ma tête ? Oui. Et de sept !

  • Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?

Qu’ils sachent que même si je ne prends ou ne donne pas de nouvelles, je ne les oublie pas. On peut rester des mois sans se voir, et personne n’en tient rigueur à personne. Quand on se retrouve, on refait le monde, on délire comme si on s’était vus la veille, c’est une grande fête à chaque fois, même autour d’une simple tasse de thé.

En revanche, ceux qui me relancent quinze fois dans la même journée alors que je bosse et cours partout, et viennent ensuite se plaindre que je ne les aime plus me gonflent prodigieusement…

  • Mon principal défaut ?

Je refuse de m’engager. –Et j’ai oublié de dire que je suis têtue. Huit !

  • Mon occupation préférée ?

Lire en caressant mes chats. Ou juste lire. Ou caresser mes chats. En gros, ces deux occupations pourraient se regrouper sous une seule : rêver. Voilà, j’aime rêver. Je suis une rêveuse. –Neuf

  • Mon rêve de bonheur ?

Vivre de mon métier.

  • Quel serait mon plus grand malheur ?

Perdre mon fils. Ou qu’il lui arrive quelque chose de grave ou de pas cool.

  • Ce que je voudrais être ?

Aimée pour ce que je suis. –Oui, des fois, je sais répondre sérieusement. C’est un trait de caractère, ça aussi, non ?

  • Le pays où je désirerais vivre ?

Un pays qui s’appellerait le monde, et dans lequel la liberté, l’égalité (ou plutôt l’équité) et la fraternité seraient des mots avec une vraie signification. *BisounoursLaaaaaaaand !!* –Rêveuse ! Ah non, je l’ai déjà dit, celui-là… ^^

  • La couleur que je préfère ?

J’aime assez le orange. Le rouge aussi. Les couleurs plutôt chaudes en général. Ou le noir. Le blanc est très classe aussi… Indécise ? Hmmm ? –Onze…

  • La fleur que j’aime ?

Les fleurs champêtres comme le coquelicot ou le tournesol. Avec une belle lumière de coucher de soleil par-dessus, c’est parfait ! Le lever de soleil est en général bien trop tôt pour que j’en apprécie sa lumière… Ou alors, c’est que je suis encore bourrée de la veille, et ce n’est pas mieux…

  • L’oiseau que je préfère ?

Je ne suis pas une grande admiratrice des oiseaux. Je les trouve souvent mignons ou majestueux , mais au final, je ne les connais que très peu. Un oiseau migrateur, parce qu’il voyage beaucoup.

  • Mes auteurs favoris en prose ?

Mathias Malzieu, Laurent Gounelle, Carlos Ruiz Zafon, Roald Dahl, Nancy Houston, Anna Gavalda, Henning Mankell, Jonas Jonasson…

  • Mes poètes préférés ?

J’ai découvert Baudelaire au lycée, avec se Fleurs du Mal, et moi qui n’accroche pas avec la poésie –trop de mal à comprendre ce qu’ils veulent dire !-, j’ai adoré.

  • Mes héros dans la fiction ?

Les personnages de Malzieu. Enfin… Mathias Malzieu grimé en personnages de ses romans. Bref. Vous avez compris… –Pas toujours très claire. Douze !– –D’ailleurs, ma chatte ne s’appelle pas Claire, mais bien Gérard.– –J’ai déjà dit que je suis super drôle ?

  • Mes héroïnes favorites dans la fiction ?

Vicky et Cristina dans Vicky, Cristina, Barcelona du grand maître Woody Allen. Chacune d’elle me touche à des endroits différents, et me séduisent. La liberté, l’amour, la fragilité, la folie, le doute. De très belles femmes.

  • Mes compositeurs préférés ?

Tété, sans hésitation. J’adore sa musique autant que ses paroles. D’ailleurs, ses chansons m’accompagnent souvent dans des moments clés de ma vie.

  • Mes peintres favoris ?

Heu… Mon fils ? Je ne me lasse pas d’afficher ses œuvres dans ma cuisine, alors ça compte, non ? –Complètement gaga, quatorze

  • Mes héros dans la vie réelle ?

Mes grands-parents, parce qu’ils se sont aimés toute leur vie.

  • Mes héroïnes dans l’histoire ?

Olympe de Gouges, pour avoir tenu tête –Si je peux me permettre… Quand on sait comment elle a fini…– à tous ces hommes, Simone Veil, Amma qui se bat à grands renforts de câlins… –Ah par contre, je ne suis pas du tout tactile ! Un grand problème dans mes relations en général, peu de personnes le comprennent vraiment. Ou alors, elles comprennent, mais pas sur le long terme. Donc, non, en fait, elles ne comprennent pas vraiment.

  • Mes noms favoris ?

Mes noms favoris ? Noms communs ? Propres ? Heu… tentons, au risque d’être hors sujet… J’adore le nom « fourchette » qui est très rigolo, je trouve. J’adore le prénom « Cécil » pour un garçon.

  • Ce que je déteste par-dessus tout ?

Au-delà du fromage fondu et de la choucroute, je déteste l’hypocrisie, la méchanceté gratuite, le mensonge et l’irrespect. –La belle-mère de mon fils est un peu tout ça à la fois. Oui, choucroute et fromage aussi.

  • Personnages historiques que je méprise le plus ?

J’ai un problème : j’oublie les gens que je méprise. C’est vrai ! Alors les personnages historiques… Aheum ! Joker ! –Les crétins de terroriste, si, en fait. Je les méprise. Je mettrai du temps à les oublier, mais je les méprise.

  • Le fait militaire que j’admire le plus ?

Je ne sais pas si on peut qualifier ça de faits militaires, puisque ça a plus à voir avec le sanitaire et le médical, mais j’admire les médecins et autres qui vont « sur le terrain », en temps de conflits, pour s’occuper des populations, des réfugiés, des migrants… Bravo, les mecs. Bravo les meufs.

  • La réforme que j’estime le plus ?

Toutes celles qui vont dans le sens de l’équité entre les personnes, quelles qu’elles soient.

  • Le don de la nature que je voudrais avoir ?

Une jolie voix pour chanter. –Et l’oreille musicale qui va avec, évidemment !

  • Comment j’aimerais mourir ?

De ma belle mort, dans mon sommeil, sereine et heureuse d’avoir accompli plein de choses, et de savoir mon fils en sécurité, et armé pour la vie.

  • État présent de mon esprit ?

Physiquement et mentalement fatiguée. La pression tombe d’un coup, et mon corps autant que mon mental me dit STOP.

  • Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ?

Les fautes reconnues, avouées et regrettées. J’aime quand les gens prennent conscience de leurs erreurs, et tentent de les réparer, ou tout du moins d’apprendre de celles-ci. Mais en règle générale, je pardonne assez facilement. Et j’oublie rapidement les mauvaises passes. –Dernier trait de caractère !

  • Ma devise ?

Hakuna matata !

Et moi, je peux poser une question ? Pour celles et ceux qui ont suivi, arriverez-vous à retrouver le nombre exacts de traits de caractère que j’ai cité ? Rien à gagner, si ce n’est la fierté d’avoir collé un sourire sur mon visage !

la-madeleine

Pourquoi je n’aurai pas de deuxième enfant ?

On me demande souvent quand est-ce qu’est prévu le second ? Le second quoi? j’ai envie de demandé à chaque fois. Le second baby-blues ? Le second plantage de carrière ? Le second divorce ?

Le second enfant, bien sûr ! Bien sûr, parce que, quand tu n’en as pas, il t’en faut « au moins un » pour « connaître le grand frisson » ! –Je connais le grand frisson. Dès qu’il fait moins de 5°. Je suis frileuse.– Et quand tu en as un, il en faut un deuxième ! Pourquoi ? Les raisons sont diverses et variées. Et farfelues. Et totalement connes.

Il lui faut un camarade de jeu. Il faut lui apprendre le partage et l’entraide. Les familles nombreuses, c’est beau. Parce que ça ferait plaisir à mamie. Parce que ton enfant n’est pas le mien, et que j’en veux un a moi… Heu… Pardon ?

Alors, non. En fait, ma réponse est non. Toujours non. Et je vais vous dire pourquoi.

Ma carrière professionnelle. J’exerce un métier où, si tu disparais quelques mois, on t’oublie. –Surtout quand déjà, on ne te connait pas beaucoup…– Un métier où tu bosses souvent en décalé par rapport à la société. Un métier où il n’y a pas de crèche d’entreprise et dont les horaires sont tellement étranges qu’aucune assistante maternelle saine d’esprit ne voudra jamais signer un contrat de garde avec toi.

Mon couple. Il bat de l’aile –ah bon ?-, et risque de ne plus tenir longtemps. Oui, mais avant ? Avant, ça peut sembler cruel, mais il ne me semblait pas être la bonne personne avec qui faire un enfant. C’est con, mais ces choses-là, ça se sent. J’ai fait l’erreur une fois de ma planter de père, pas deux !

Les finances. Ai-je vraiment besoin de développer ? ^^

L’avenir. Sérieusement, vous avez vu le monde dans lequel on vit ? Attentats, solitude, pauvreté, destruction de l’environnement, j’en passe et des meilleurs. Je ne suis pas d’un naturel pessimiste, mais il faut quand même avouer que protéger un môme de toutes ces conneries, et tenter de l’élever dans l’amour, la bienveillance et le respect s’avère déjà compliqué….Mais deux !! –Voire, trois, parce qu’on le sait tous, hein « jamais deux sans trois » !

La relation à mon fils. Nous sommes très complices. Je l’ai élevé seule, même avant que son père et moi prenions la décision de nous séparer. Nous avons tous les deux besoin d’indépendance, de nous retrouver chacun dans « sa bulle » assez régulièrement, mais aussi de s’aimer comme au premier jour. Même si le cœur d’une maman est élastique, je ne me sens pas de construire une autre relation de ce type. Elle serait forcément différente, et c’est bien, mais je n’en éprouve ni l’envie ni le besoin. Je suis comblée ainsi.

L’enfant unique. Oui, il est unique. De mon côté. Son père a un deuxième enfant. –Un jour, je vous raconterai une anecdote à ce sujet, c’est très drôle !– Ginette a donc un demi-frère. Qu’il ne voit pas beaucoup, certes –Volonté de son père, hein, soyons clairs !-, mais il a le mérite d’exister. Et Ginette m’a clairement dit qu’il n’était pas prêt à avoir un petit frère ou petite sœur chez sa maman aussi. 

Bref, je ne dis pas que dans 10 ans, si d’ici-là je rencontre quelqu’un avec qui j’ai envie de construire un futur, si ma vie professionnelle s’est stabilisée, et que la situation politique et mondiale ne m’effraie plus, –et si la ménopause ne m’a pas rattrapée surtout !– je ne ressentirai pas l’envie d’avoir un second enfant. Mais pour l’instant, c’est niet. Ma vie telle qu’elle est avec mon fils me convient parfaitement !

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Bébé devient grand

Ginette a 6 ans et demi et quelques jours. Il a fait son entrée en CP. Le deuxième jour, il faisait déjà une page d’exercices de CE1.

Il est entré en troisième année dans son école de cirque. Il est passé dans le groupe supérieur, le groupe « des grands ».

Il prend sa douche entièrement tout seul. Jusque là, le shampooing était un peu problématique, mais depuis trois semaines, il fait tout tout seul. Le seul truc que j’ai encore le droit de faire, c’est de régler la température de l’eau.

Ginette est malgré tout hypersensible. Pas très sensible. Non. Un vrai, un véritable hypersensible. Le moindre changement, et le voilà submergé par ses émotions ! La moindre réflexion, le moindre mot mal employé –ou mal compris !– et c’est fini, il n’y a plus personne ! Il n’est jamais un peu triste. Il est hyper triste. Il n’est jamais content. Il est hyper content. Il n’est jamais en colère. Il est hyper en colère. Il n’est jamais… Bref. Vous avez compris le principe.

Je m’attendais un peu à un cataclysme à la rentrée. Nouvelle école. Nouvelle instit. Nouvelle organisation. Et finalement, non. Rien. Ah si, un mouvement de la main pour me signifier que « c’est bon, maman, j’suis grand, tu peux partir. »

Changement de groupe pour les cours de cirque, nouvelles têtes, tous les copains n’ont pas suivi, et les anciens sont bien intégrés. J’avais un peu les chocottes. Je l’ai mangé de bisous devant l’entrée du chapiteau : « Rhoooo, ça va, maman ! » et il a disparu, en agitant la main par dessus son épaule. Out, maman !

Mercredi, j’ai commandé un vrai bureau de grand pour sa chambre. Il l’a choisi parmi quelques modèles préalablement sélectionnés par mes soins. Et puis, je lui ai annoncé qu’il faudrait faire du tri dans sa chambre, et sans doute donner quelques livres à sa cousine plus jeune, quelques jouets à son demi-frère chez son père, et d’autres à mettre en carton à la cave. Forte de ces précédentes expériences où tout s’était bien déroulé, j’ai dit ça naturellement, comme une évidence…

La fin du monde ? De la gnognote à côté de ce qu’il a eu l’impression de vivre ! De grosses larmes, de la vraie tristesse, des émotions indescriptibles à tout va, une page qui se tourne dans la douleur. J’ai réconforté, rassuré, promis de faire ça ensemble et intelligemment. Après plusieurs minutes de câlins et d’amour en barre, il est allé prendre sa douche. Tout seul. Comme un grand.

Le chemin est parsemé d’embûches, mais mon bébé devient grand, c’est indéniable.

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Le burn-out, ce truc bien casse-burnes

Ça fait quasiment dix mois que ça dure. Dix mois que c’est dur. Officiellement, seulement quatre. Mais ceux qui l’entoure ne le savent pas forcément, que ça dure depuis plus longtemps.

Aujourd’hui, je suis celle qui doit être patiente. Qui doit comprendre. Qui doit faire des efforts. Et me taire.

Je dois aussi encaisser. Sans rien dire. Subir la mauvaise humeur, voire l’agressivité, et puis l’impatience et cet entêtement… Cet entêtement ! Ne pas prendre d’antidépresseurs, ne pas aller voir un psy (ou hypnothérapeute, ou magnétiseur, ou kinésiologue, peu importe !), se voiler la face, être persuadé qu’on fait tout ce qu’il faut pour s’en sortir, mais juste se laisser chuter dans un puits sans fond.

J’ai fait une grave dépression il y a quelques années. Le seul truc qui m’empêchait de sauter par la fenêtre, c’était de penser à mon fils. J’ai été sous antidépresseurs, et je m’en suis tirée pour 2 ans et demi sur le divan d’un psy. Je me suis filé des coups de pied au cul, j’ai vraiment cherché à m’en sortir. Pour mon fils, certes, mais quand même. J’étais seule dans cette galère. Ma famille n’a admis que beaucoup plus tard le terme « dépression ». Mes amis de l’époque ont disparu. Mes nouveaux amis sont arrivés après. J’étais seule.

Lui, bénéficie de cette énorme chance de ne pas être seul. Sa famille le soutient. Ma famille le soutient. Ses amis sont présents (loin, mais présents). Je suis là, je le porte, le pousse, le protège.

Aujourd’hui, ma mère, qui pourtant l’adore, me soutient. M’entend. M’écoute. On a eu une conversation très importante pour moi il y a quelques jours… Elle m’a dit des mots que j’espérais entendre depuis si longtemps. Qui m’ont fait du bien.

« Pose un ultimatum. Il se soigne, ou il part. Mais il ne t’entraîne pas dans sa chute. »

Je ne sais toujours pas ce que je vais faire. Mais je sais que je ne tiendrai plus très longtemps… Mon corps se met à réagir. Douleurs articulaires, musculaires, osseuses, boutons, brûlures d’estomac, étourdissements, insomnies… Mais… Mais… Ne seraient-ce pas des signes de…? Non, je n’ose y croire. Allez, on garde la pêche !

Mon ex se marie

Tout est dans le titre. Mon ex. Se marie.

Mon ex, c’est mon premier mec. Mon premier amour. Celui que tu penses qu’il va durer toujours. Et un jour, tu te rends compte que non, en fait, toujours c’est trop long. Et puis, quelques années plus tard, tu te rends compte que si. Tu l’aimeras toujours. –Et merde.-

Tu as gardé contact avec lui. C’est même un très bon pote. Quand il revient en France, il te passe systématiquement un coup de fil –parfois au dernier moment, mais quand même– pour manger un morceau avec toi et se marrer comme des baleines comme au bon vieux temps. Tu es la seule qu’il appelle. Il passe voir sa famille –ce qui est, de son propre aveux !, plutôt une corvée– et toi. Pas ses potes. Non. Toi. Il sait tout de ta vie, te demande comment évolue ta carrière, t’encourage, s’inquiète de ta vie privée, te conseille, prend des nouvelles de ta famille mais s’assure surtout que tout le monde te traite bien, ou qu’en tout cas, tu ne te laisses pas faire. Il t’a dit avoir pensé de toi que tu étais une connasse, mais que ça n’avait duré que quelques mois, et qu’ensuite il te remerciait silencieusement de tout ce que toi et votre relation lui aviez apporté.

Mon ex, c’est l’un des hommes les plus beaux qu’il m’ait été donné de croisé dans ma vie. Des yeux de ouf. un sourire à tomber. Grand juste ce qu’il faut. Musclé juste ce qu’il faut. Cool, tendre, indépendant. Un bon coup au lit. Pourquoi je l’ai quitté ? Parce que… Parce que… On a traversé une petite crise, et que je ne me sentais pas assez forte pour l’affronter. Parce que je pensais avoir toute la vie devant moi, et tellement d’opportunités d’être heureuse. Parce que je ne croyais à pas à ce « toujours » qui me hante encore.

Je ne regrette pas, puisque mon parcours m’a permis d’avoir Ginette. Mais j’ai le cœur qui se serre parfois, et des relents de nostalgie. Nous avions les mêmes goûts musicaux, le même goût pour la danse sans savoir danser, on se comprenait d’un regard, on ne se faisait jamais la gueule plus de 20 minutes, on avait la même façon de fonctionner, on cuisinait ensemble dans une cuisine minuscule sans jamais se gêner, on avait tous les deux un goût pour la déco farfelue, il adorait les lions et moi les girafes, on était autant fan du Roi Lion l’un que l’autre… Ça a duré plus de 6 ans. Et ça aurait pu continuer un moment encore…

Je ne souhaite pas reprendre notre histoire. Je sais que ça ne mènerait nulle part. Mais j’aimerais tellement retrouver cette complicité au quotidien avec quelqu’un !

L’autre jour, on prenait des nouvelles l’un de l’autre, et il m’a annoncé qu’il allait se marier avec sa copine. J’avoue qu’il m’est arrivé plusieurs fois de me demander comment je prendrais la nouvelle si cela devait se produire un jour. Maintenant, je sais. Je suis heureuse. Émue et très heureuse. Sincèrement et profondément. J’espère secrètement faire partie de la liste des invités, mais je comprendrais que ce ne soit pas le cas. –Inviter son ex à son mariage, ça craint ou pas ?

Mon ex, c’est vrai, je l’aime. Différemment, mais très fort. Beaucoup. Intensément. Pour toujours.

Reprise !

Pas des négociations, non, celles-ci, je suis plutôt en train de les laisser tomber.

Reprise du blog ! J’ai eu peu de temps pour moi depuis mon dernier article. Boulot, un peu. Mec chiant, beaucoup. Je sors d’une loooongue conversation avec ma belle-sœur –qui, au passage, est une super-méga-pote– , et je crois que j’ai encore besoin de m’épancher un peu.

Mon mec est en arrêt de travail depuis quatre mois environ à peu près. Je n’ai pas la mémoire des dates, il m’a rappelé l’autre jour qu’on fêtait nos deux ans, je n’étais pas au courant. Et j’avoue qu’à l’heure qu’il est, je ne me souviens encore pas de quel jour on était. Bref ! Il est en arrêt de travail. Burn-out. Pétage de plomb au boulot. Qui c’est qu’avait raisoooon ?? Oui, parce qu’en fait, ça fait une bonne grosse dizaine de mois que je lui dis que ça va dérailler et faire très mal. Donc : arrêt de travail. Ce qui veut dire… Oui oui oui ! H24 à la maison ! Sauf que moi, je travaille à la maison. A mon rythme. Tranquille. Pépère. Je me le cogne à domicile le matin, le midi, l’après-midi et le soir !

Il est constamment à la maison, mais c’est quand même moi qui me cogne toutes les tâches ménagères : la litière des chats, l’aspirateur, la serpillère, la cuvette des chiottes, les poils dans la baignoire, la bouffe, la v… Ah non ! Il fait la vaisselle ! Bon, il fout de la flotte partout et y passe deux fois plus de temps que moi, mais enfin. Je vous jure, c’est vrai. J’ai chronométré plusieurs fois : il fait absolument TOUT en deux fois plus de temps que moi. Lancer la machine à laver. Faire la vaisselle. Enfiler la couette dans sa housse. Plier le linge. Prendre sa douche –Ah non, là, c’est jusqu’à trois fois plus de temps dans la salle de bain. Je ne parlerai pas du temps passé aux chiottes…– Oui, je suis une vicieuse. Mais au bout d’un moment, je me suis dit que je me faisais des idées, que j’étais impatience et la digne réincarnation de je-ne-sais-quel dictateur. Il FALLAIT que je vérifie ! J’ai vérifié, ça m’a soulé.

Il mange et grignote toute la journée. Passe son temps au téléphone avec son père. Monopolise la place et l’attention. Ne reste pas plus de 20 minutes sans venir zieuter par-dessus mon épaule / me faire des bisous dans le cou / me demander mon avis sur telle vidéo trop drôle. JE BOSSE, PUTAIN !!

On est parti en vacances dans sa famille. J’ai passé la moitié de mon temps à l’attendre. Attendre qu’il sorte des toilettes. Attendre qu’il aille chercher un truc qu’il a oublié dans sa chambre, ah non, je suis bête, c’est juste là posé sur la table. Attendre qu’il finisse de discuter avec son père. Parfois 40 minutes d’attente ! Avec Ginette qui s’impatiente, parce qu’on lui a dit qu’on allait passer l’après-midi à la plage et qu’il est déjà 17h, parce qu’on n’a pas commencé le repas avant 15h, parce que les brochettes n’étaient pas prêtes, parce qu’il s’y est mis à 13h, et que deux heures pour faire 8 brochettes, c’est pas tant que ça, hein !

Je suis partie seule –avec Ginette– en week-end dans ma famille, suite à ça. Et depuis mon retour, je ne lui adresse la parole que pour des banalités ou pour répondre à ses questions. Je ne pose plus mes mollets sur ses genoux quand on regarde un film en vrac sur le canap’. Je ne lui demande plus son avis sur mon look short-T-shirt ou robe à fleurs. Je ne précise pas l’heure approximative à laquelle je pense rentrer quand je pars pour un rendez-vous ou une course. Je planifie des choses sans vraiment lui en parler…

Au début, j’allais encore me coucher à peu près en même temps que lui. Bon… En général, il attendait que j’aille me coucher pour y aller en même temps. Mais, passons. Depuis plusieurs semaines, j’attends qu’il aille se coucher. J’attends même qu’il s’endorme. Et ensuite, je vais me glisser le plus doucement possible sous les draps.

Vous allez dire que je le fuis… Et vous aurez raison. Je n’en peux plus. Vous allez dire : mais quitte-le, bordel ! Et je vais vous dire deux choses : déjà, vous avez raison. Ensuite : c’est pas si simple. Il y a Ginette qui l’adore, il y a la pression de mon entourage –« Ah, celui-là, tu le gardes, hein ! »-, il y a sa famille que j’adore, il y a le fait qu’il est en dépression et… Ça se fait vraiment de quitter quelqu’un en dépression ?

Ma belle-sœur m’a dit de penser à moi. Que je ne tiendrai pas le coup encore longtemps. Elle a raison. Je suis paumée. Je voudrais juste qu’il prenne ses affaires, un jour, comme ça, et qu’il parte. Je crois que ça pourrait sauver le peu de positif qu’il reste entre nous…